Guide éditorial

Le bilan de compétences : déroulé et financement

Encadré par le Code du travail depuis 1991, le bilan de compétences mobilise chaque année environ 90 000 actifs en France. D'une durée maximale de 24 heures réparties sur plusieurs semaines, il constitue un dispositif d'orientation professionnelle dont le financement repose principalement sur le compte personnel de formation.

Un cadre légal précis et une finalité circonscrite

Le bilan de compétences est défini aux articles L. 6313-1 et L. 6313-4 du Code du travail. Sa finalité est explicite : permettre à un actif d'analyser ses compétences professionnelles et personnelles, ainsi que ses aptitudes et motivations, afin de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation. Il s'adresse à tout salarié, demandeur d'emploi, agent public ou travailleur indépendant, sans condition d'âge mais généralement après quelques années d'expérience. La prestation ne peut être réalisée que par un organisme externe à l'employeur, ce qui garantit la confidentialité des conclusions : seul le bénéficiaire est destinataire du document de synthèse, sauf accord écrit explicite de sa part. Cette indépendance distingue le bilan de l'entretien professionnel obligatoire conduit en interne tous les deux ans.

Un déroulé en trois phases sur deux à trois mois

La prestation se structure réglementairement en trois phases. La phase préliminaire, d'une durée de deux à quatre heures, sert à confirmer l'engagement du bénéficiaire, à analyser sa demande et à définir conjointement les modalités du bilan. La phase d'investigation, la plus longue, occupe entre quinze et dix-huit heures : elle combine entretiens individuels, tests psychométriques, exploration des intérêts professionnels et enquêtes métiers. C'est à ce stade que le bénéficiaire identifie ses compétences transférables, confronte ses aspirations à la réalité du marché du travail et explore des pistes de reconversion ou d'évolution. La phase de conclusion, d'environ quatre heures, débouche sur la rédaction d'un document de synthèse formalisant le projet et les étapes de mise en œuvre. L'ensemble s'étale habituellement sur huit à douze semaines, à raison d'une séance hebdomadaire de deux à trois heures.

Le CPF, principale voie de financement

Depuis la réforme de 2018, le compte personnel de formation constitue le canal de financement majoritaire. Un bilan de compétences est éligible au CPF dès lors que le prestataire est certifié Qualiopi. Les tarifs pratiqués oscillent généralement entre 1 500 et 2 500 euros, montant compatible avec les droits acquis par un salarié à temps plein (500 euros par an, plafonnés à 5 000 euros). Depuis mai 2024, une participation forfaitaire de 102,23 euros est exigée du titulaire lors de toute mobilisation du CPF, sauf pour les demandeurs d'emploi et les salariés dont l'employeur abonde le projet. Le bilan peut être réalisé sur le temps de travail, avec accord préalable de l'employeur sollicité au moins soixante jours à l'avance, ou hors temps de travail, auquel cas aucune autorisation n'est requise et la confidentialité est intégralement préservée.

Les autres dispositifs mobilisables

Au-delà du CPF, plusieurs sources de financement existent. France Travail peut prendre en charge le bilan d'un demandeur d'emploi dans le cadre de son projet personnalisé d'accès à l'emploi, via l'aide individuelle à la formation. Les opérateurs de compétences (OPCO) financent les bilans dans le cadre du plan de développement des compétences des TPE-PME, particulièrement pour les salariés exposés à des transitions professionnelles. Les Transitions Pro, structures paritaires régionales, peuvent intervenir lorsque le bilan s'inscrit dans un projet de reconversion plus large. Pour les agents publics, le congé de formation professionnelle et les crédits formation de l'administration employeuse couvrent généralement la prestation. Enfin, certaines régions abondent les bilans dans le cadre de leurs politiques d'orientation tout au long de la vie, notamment via les conseillers en évolution professionnelle, dont la consultation est gratuite et peut précéder utilement un bilan formalisé.

Outil normé et confidentiel, le bilan de compétences offre un cadre méthodique à la réflexion sur la trajectoire professionnelle. Sa standardisation réglementaire, conjuguée à la diversité des financements disponibles, le rend accessible à la plupart des actifs. Le choix du prestataire, sa certification Qualiopi et la qualité de la phase préliminaire restent les facteurs déterminants de la pertinence de la démarche.