Guide éditorial
Comment devenir vétérinaire
Devenir vétérinaire en France suppose entre sept et neuf années d'études supérieures à l'issue d'un parcours sélectif, pour exercer un métier dont le revenu net médian atteint 3 710 euros mensuels selon les données de la branche.
Une sélection désormais ouverte dès le baccalauréat
Depuis 2021, l'accès aux quatre écoles nationales vétérinaires (Maisons-Alfort, Toulouse, Lyon et Nantes-Oniris) s'est diversifié. La voie historique, celle du concours A après deux années de classe préparatoire BCPST, demeure majoritaire avec environ 600 places annuelles, mais coexiste désormais avec un concours post-bac créé en 2021 et offrant 160 places réparties entre les quatre écoles. S'y ajoutent les concours B (licence scientifique), C (BTS et BUT agricoles) et E (élèves des ENS). Cette diversification répond à une pénurie identifiée par le ministère de l'Agriculture, particulièrement en milieu rural. Une cinquième école, privée, a ouvert à Rouen en 2022 sous le statut d'établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général, portant à environ 1 400 le nombre annuel de nouveaux diplômés contre un peu plus de 600 il y a quinze ans.
Le cursus en école : six années pour un diplôme d'État
Le cursus vétérinaire dure six ans après le baccalauréat pour les étudiants du concours post-bac, et cinq ans après la prépa pour ceux du concours A. Les trois premières années couvrent les fondamentaux biologiques et médicaux : anatomie, physiologie, biochimie, microbiologie, sémiologie. Les deuxième et troisième cycles intègrent la clinique appliquée aux différentes espèces (animaux de compagnie, équidés, ruminants, porcs, volailles, faune sauvage), la chirurgie, la reproduction, l'hygiène alimentaire et la santé publique vétérinaire. La dernière année, dite d'approfondissement, permet de s'orienter vers une dominante : canine, équine, rurale, mixte, industrie, recherche ou santé publique. Elle se conclut par la soutenance d'une thèse d'exercice devant une université de médecine, qui confère le grade de docteur vétérinaire et autorise l'inscription à l'Ordre national des vétérinaires, condition obligatoire pour exercer.
Spécialisations et diplômes complémentaires
Au-delà du diplôme d'État, plusieurs voies de spécialisation existent. Les diplômes d'études spécialisées vétérinaires (DESV), de niveau 7, couvrent une vingtaine de disciplines : ophtalmologie, anatomie pathologique vétérinaire, médecine interne des animaux de compagnie, sciences et médecine des animaux de laboratoire, ou encore élevage et pathologie des équidés avec une option biomécanique et pathologie locomotrice. Ces formations exigent un internat puis un résidanat de trois à quatre années, souvent assorti d'une reconnaissance européenne via les collèges spécialisés (ECVO, ECVIM, etc.). D'autres certifications, comme le certificat d'études approfondies vétérinaires (CEAV), offrent une spécialisation moins poussée mais reconnue. Les praticiens peuvent également suivre des formations complémentaires en acupuncture, comportement ou ostéopathie animale, cette dernière étant désormais accessible aux non-vétérinaires via un titre RNCP de niveau 6 strictement encadré par la loi de 2017.
Exercice professionnel et conditions de carrière
Environ 75 % des vétérinaires français exercent en clientèle libérale, principalement en cabinet ou clinique, le reste se répartissant entre la fonction publique (services vétérinaires, ANSES, écoles), l'industrie pharmaceutique et agroalimentaire, et la recherche. Le salariat progresse fortement chez les jeunes diplômés : selon l'Observatoire national démographique de la profession vétérinaire, plus de 60 % des diplômés débutent comme salariés, avant éventuellement de devenir associés. Le revenu net médian s'établit à 3 710 euros mensuels, avec une forte dispersion selon le mode d'exercice, la spécialité et l'ancienneté. Les vétérinaires salariés relèvent du régime agricole, la MSA, ce qui influence le calcul des droits à la retraite. Pour un exercice complet jusqu'à 67 ans, la pension projetée s'établit autour de 3 187 euros bruts mensuels.
L'accès à la profession vétérinaire reste sélectif mais s'est élargi, avec une diversification des voies d'entrée destinée à répondre aux tensions démographiques, notamment en zones rurales. Le parcours, long et exigeant, débouche sur un métier réglementé, à revenus confortables mais soumis à une charge de travail élevée et à des contraintes spécifiques selon la dominante choisie.